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Les différents types de dépôts

 

Auprès de qui peut-on déposer ?

Théoriquement, le dépôt peut être effectué chez tout tiers habilité à le recevoir et lui conférer date certaine. Il est même possible de s'adresser un courrier à soi-même ce qui peut s'avérer utile (et économique) pour conserver les versions successives non définitives d'un logiciel.

Les officiers ministériels (notaire ou huissier) sont habilités à recevoir ce genre de dépôt. Ils apposent des scellés, consignés par procès verbal et conservent sous séquestre les biens confiés en dépôt. Dans la pratique, peu de dépôts s'opèrent de la sorte, les officiers ministériels hésitant à traiter ce type de dossier.

De même, il est possible de déposer un logiciel à l'INPI, sous enveloppe Soleau, mais cette pratique n'est pas adaptée au logiciel, en raison du format de l'enveloppe et des risques de perforation.

Il existe enfin des sociétés de gestion collective des droits d'auteur, organismes chargés de collecter et répartir les droits d'auteur, dont certaines acceptent les dépôts de logiciels. La Société des gens de lettres de France en fait partie et elle accepte les logiciels sous forme de scénario ou d'organigramme. Peu contraignante (enveloppe cachetée à la cire ou apposition de signature sur le pli de fermeture, avec indication du nom de l'auteur et du titre de l'oeuvre), cette méthode est cependant peu adaptée au dépôt des logiciels, puisqu'elle ne prévoit pas les modalités d'accès aux sources par des tiers.

 

Que doit-on déposer ?

Toute forme et tout support sont envisageables.

 

Le dépôt ne doit pas se limiter au seul programme source, mais comprendre aussi la documentation associée (et si l'on veut être complet, les travaux de conception préparatoires).

Soit, pour être exhaustif : les cahiers des charges et préétudes, les dossiers d'analyse et de programmation, la documentation technique, la définition des données et codes utilisés, les données techniques de chaque programme, la description des tests de programmes d'intégration, le programme objet, la documentation d'utilisation et d'exploitation et, éventuellement, la clé ou l'algorithme de décryptage.

Si le dépôt complet s'avère trop volumineux et/ou coûteux, un dépôt partiel peut être envisagé, pourvu que l'extrait déposé soit suffisamment représentatif des caractéristiques du programme protégé.

 

Le cas particulier de l'Agence pour la Protection des Programmes

http://app.legalis.net

 

L'APP est une association de type loi du 1er juillet 1901 et a pour objet de défendre les auteurs de programmes informatiques, de jeux vidéo, de progiciels, d'oeuvres numériques, d'études et de documents associés.

Elle est constituée de créateurs indépendants, de SSII, de constructeurs, d'éditeurs et d'utilisateurs de logiciels.

Créée dans le cadre de la loi sur les organismes de défense professionnelle des auteurs (article 331-1 CPI), elle s'occupe en outre de faciliter les actions amiables ou judiciaires tendant à la réparation des préjudices subis par le titulaire des droits du fait de contrefaçon, d'imitation frauduleuse, de pillage ou de concurrence parasitaire. En matière de contrefaçon, elle est fondée à se constituer partie civile au procès. Elle est habilitée à désigner les agents assermentés à constater la preuve matérielle de la contrefaçon.

 

  • Les 3 types de dépôts proposés

Le logiciel doit être déposé sur un support pérenne contenant les programmes sources et leur documentation associée.

 L'APP propose trois types de dépôts :

 

 - Le dépôt classique : l'auteur confie à l'APP un exemplaire de la version source et de sa documentation associée, qui le conserve dans ses coffres et en adresse une copie au déposant.

 

- Le dépôt enrichi : l'auteur ajoute aux microfiches, des revendications d'originalité et des pièges contre les contrefacteurs.

 

Il permet au créateur de réfléchir aux moyens dont il dispose pour accroître l'originalité de son logiciel. Les revendications d'origine ou les indices insérés dans les programmes facilitent par la suite l'administration de la preuve d'une éventuelle contrefaçon. Si certains pièges techniques sont intégrés au logiciel, il convient d'adjoindre une notice explicative de ces différents pièges contenus dans le logiciel, afin de faciliter par la suite la démonstration d'une éventuelle copie illicite.

 

 - Le dépôt sécurisé : le dépôt est conditionné par la réalisation d'un certain nombre de tests effectués par des experts agréés.

 

Il permet de vérifier la conformité des supports déposés au logiciel protégé. Le contrôle porte sur le contenu du programme source, la conformité du programme source déposé et celui édité sur le support magnétique, l'identité du résultat obtenu par compilation de certains modules du programme source avec l'exécutable commercialisé. L'APP conserve les résultats de ces contrôles.

N.B. : ces tests ne constituent pas une certification de qualité.

L'APP attribue à chaque oeuvre inscrite à son répertoire (dépôt ou référencement) un identifiant international IDDN (Inter Deposit Digital Number), sorte de carte d'identité de l'oeuvre, comprenant un générique informatisé. Il permet de démontrer l'existence de l'oeuvre, d'affirmer les droits du créateur et de faciliter les sanctions contre les contrefacteurs.

 

  • Les modalités d'inscription

L'inscription au répertoire de l'APP se fait :

- soit sous forme de référencement (pour les oeuvres en cours de création)
- soit sous forme d'un dépôt de diffusion (bases de données, fichiers numériques non textuels, programmes exécutables...) 
- soit sous forme d'un dépôt de sources (pour les logiciels)

 

L'APP accepte les dépôts sous forme de microfiches ou listing de moins de 100 pages, mais aussi sur CD-ROM ou disque optique numérique. Pour les référencements, tous les supports sont utilisés.

 

  • Le coût du dépôt (ordre de grandeur)

- adhésion (cotisation) = 106,7 euros HT pour les personnes physiques et 411,61 euros HT pour les personnes morales + droit d'entrée 76,22 euros HT pour les personnes physiques et 259,16 euros HT pour les personnes morales

- frais de dépôt = 182,94 euros HT par dépôt et 76,22 euros HT de mise à jour

- frais de référencement = 30,49 euros HT pour les personnes physiques et  76,22 euros HT pour les personnes morales

 

  • L'intérêt d'un dépôt auprès de l'APP

L'identifiant IDDN est en quelque sorte la carte d'identité de l'oeuvre ; il permet donc de démontrer l'existence de l'oeuvre, d'affirmer les droits du créateur et faciliter la sanction des contrefaçons.

 

Le créateur, par l'inscription de son oeuvre au répertoire de l'APP, revendique des droits sur une création identifiée, à une date certaine.
Contrairement au domaine du brevet, le dépôt d'un logiciel ne crée pas le droit, qui lui préexiste ; il ne constitue qu'un moyen de preuve en cas de litige.

 

En outre, l'APP offre depuis peu un diagnostic de pérennité : un expert agréé par l'APP vérifie si le logiciel peut être repris par un tiers pour sa maintenance, en cas de défaillance du créateur, ce qui revêt un intérêt particulier en cas de commercialisation dudit logiciel. Le dépôt à l'APP prévoit en effet une possibilité d'accès au programme source en cas de défaillance de l'auteur.

 

Le dépôt légal

Le dépôt légal institué par la loi du 20 juin 1992 et son décret d'application du 31 décembre 1993 notamment pour les progiciels, bases de données et systèmes experts, ne s'impose pas aux logiciels. Il est néanmoins possible si le logiciel présente les caractéristiques requises, notamment une diffusion significative dans le public. Le dépôt légal présente l'avantage de pré-constituer la preuve de la date de création et du contenu de l'oeuvre.

 

 

 

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08 mars 2010

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